Textes 




 Mais il est vrai que mon retour à la figuration depuis sept / huit ans, n’est pas précisément influencé par quelque artiste ; peut-être les altérations et reconstructions de la surface des Landscapes et Characters, de très loin, par le cubisme, je multiplie les points de vue, mais ce serait totalement inconscient, d’ailleurs, si je mentionne le cubisme, c’est une journaliste qui en a parlé en ce sens par rapport à ma manière de structurer l’espace.

J’aime toute la peinture et toute forme d’art, j’ai une réelle jouissance, sensible et intellectuelle à voir toutes les images anciennes, présentes et nouvelles, je suis un boulimique d’images fixes et animées, de sons, etc.

Maintenant, si je dois définir mon travail actuel, c’est, je pense, une accumulation de bouts de corps ou de paysages. La ville, pour moi, est une immense sculpture formée de cubes ou parallélépipèdes se superposant, s’imbriquant (si j’ose dire), disposés de telle façon qu’ils se recouvrent entre eux, presque indéfiniment. Dans l’histoire de chaque toile les bâtiments ou parties de nature constituant l’image ne sont jamais à leur vraie place.

C’est un choix esthétique et j’aime combiner et associer les éléments constituants une ville, un paysage, tout comme la vie est mélange de genre, d’ethnies, de catégorie, d’espèces, de personnages etc. Dans les « Landscapes », certains pans de murs peuvent faire penser à des décors Hollywoodiens, ils sont coupés et laissent voir une scène qui n’a rien à voir avec le premier plan.

Idem pour les corps, certaines parties sont enlevées et laissent voir le personnage qui vient par-dessous.

  En conclusion de ce petit entretien, je sais combien la musique  et l’écriture te sont nécessaires, n’aurais-tu pas finalement rêvé d’être musicien ou écrivain ?

Je fais de la musique avec un clavier uniquement pour mes vidéos, je « bidouille » les sons sur mon ordinateur. Lorsque j’étais aux Beaux-Arts, je jouais avec des amis, comme beaucoup d’ados ou de jeunes adultes, des claviers et percussions. Et l’on jouait devant un petit public, dans certains lieux à Lille, mais je n’ai pas travaillé cet aspect de la créativité, souvent je le regrette, j’aurais aimé être guitariste de Rock, mais je ne sais pas jouer de la guitare, ou saxophoniste de Free-Jazz, mais je ne sais pas jouer du saxophone…

 J’aurais peut-être pu, en travaillant vraiment les claviers, jouer dans un groupe, mais il aurait fallu que les amis avec qui je jouais continuent eux-mêmes. J’aurai aimé connaître la Grande Messe païenne et émotionnelle avec le public :  je suis un mélancolique romantique, cherchant le sublime ( La quête de toute ma vie), dans l’Art, la Musique, la Littérature, le Cinéma etc., mais aussi paradoxalement, un irréductible optimiste.

Quand j’ai quitté Lille pour le sud, j’ai abandonné toute velléité de jouer de façon sérieuse, j’ai d’ailleurs vendu mon piano électrique pour acheter un appareil photo. Actuellement, j’ai racheté un clavier et l’utilise pour jouer de la Musique Contemporaine et du Free-Jazz, cela reste au niveau de la recherche, même si je prends cela au sérieux et que j’y passe un temps important.

Quant à écrivain, même si j’écris des petits textes sur la Culture et l’Art et qu’il paraît que j’aurai une « belle » plume, je n’aurais pas pu m’astreindre à travailler pour faire œuvre et encore, eut-il fallu que j’aie un certain don pour écrire sur la longueur…

Je fais déjà beaucoup de choses différentes et je me penche sur beaucoup de formes différentes, peinture, dessin, photo, vidéo, 3D et parfois installations : hélas et cela m’ennuie vraiment beaucoup, je n’ai qu’une vie…

La seule consolation sur mes frustrations éventuelles quant à la musique et l’écriture est que, n’ayant qu’une vie, au moins, elle aura été riche de Culture, d’Art et de Rencontres. 

Je remercie ainsi tous mes amis d’avoir existé auprès de moi, mais aussi tous ceux qui m’ont permis de « devenir », certains parfois sans le savoir.

« Ars longa, vita brevis » comme le disait paraît-il Hippocrate…




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